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Tortue têtue à la découverte de la ville

par Marie-Claude Gagnon


Directrice du CPE Tortue têtue


Juillet 2022



L’implication du CPE Tortue têtue dans le projet a débuté à la suite d’une rencontre avec une représentante du futur musée d’histoire de Montréal. À travers nos discussions et notre enthousiasme à pouvoir éventuellement créer des liens avec ce musée, elle nous a mis en contact avec Raphaëlle. C’est ainsi qu’une semaine plus tard, on échangeait des courriels, et que nous avons décidé de nous fixer un rendez-vous virtuel le 27 septembre suivant. Bien que l’envie de collaborer était très présente, ce projet restait un peu abstrait pour nous. La question était de voir si on pouvait y intéresser les enfants et impliquer les éducatrices.


Dès le début de notre rencontre « zoom », pandémie oblige, le courant a passé ! L’expérience proposée nous ressemblait. Questionner les enfants, les inviter à poser un regard sur leur milieu de vie qu’est la ville de Montréal, c’est qui nous anime. Être invité à participer à un processus créatif à hauteur d’enfants donnait un sens à notre quotidien, ici, à Tortue têtue. Tous les jours, en effet, nos enfants circulent dans la ville, d’abord pour se rendre au CPE (par métro, vélo, autobus, voiture ou à pied) et par la suite, lors de leurs promenades régulières dans le quartier du CPE, soit le centre-ville de Montréal. Ils sont haut comme trois pommes mais déjà, ils observent, ils sentent, ils goûtent, ils touchent et entendent leur ville. Lorsqu’ils reviennent de leur balade, ils passent souvent à mon bureau me parler de la grue qui fait du bruit tout près, des décorations installées sur la rue pour Noël, de monsieur «Hi, how are you» qui leur dit bonjour devant sa boutique de jeans. Ils sont tantôt éblouis par la fontaine d’eau lumineuse du complexe Desjardins, explorent les installations artistiques du Quartier des spectacles, et bouchent leurs petites oreilles lors des travaux sur la rue Sainte-Catherine. Dans notre petite cour, ils goûtent les légumes de leur potager et sentent l’odeur des fleurs qu’ils ont eux-mêmes plantées. La ville est leur terrain de jeux, leur maison, leur environnement quotidien.


En participant à la création de cette œuvre, on a pris conscience avec eux de l’importance de leur environnement urbain. Ce projet était en accord avec notre approche pédagogique, inspirée de Reggio Emilia, où l’environnement de l’enfant est un acteur clé où il s’épanouit, se développe et s’inspire. Notre collecte de données pour le projet s’est ainsi faite de façon naturelle, les enfants ne se sont pas toujours rendus compte qu’ils récoltaient celles-ci pour alimenter Raphaëlle mais pourtant, à chaque occasion de rencontres avec elle ou sa collègue, ils s’animaient et partageaient leurs découvertes.


Tout au long du processus, nos enfants âgés de 4-5 ans se sont questionnés, ont imaginé leur ville, soit par des dessins, par la fabrication d’une maquette ou par la prise de photos. Ils se sont appropriés les lieux qui les inspirent, ont nommé ce qu’ils aiment et n’aiment pas dans la ville, et sont devenus des observateurs de leur milieu de vie. On a, je l’espère, semer en eux une petite graine qui va germer et fera d’eux des citoyens actifs et créatifs dans leur ville.



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